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  • Photo du rédacteurFabien

Aquaman : Andromeda

Dernière mise à jour : 20 mars




  • Résumé :

Au plus profond de l'océan Pacifique se trouve l'endroit le plus éloigné de toute terre : le Point Némo. Depuis la course à l'espace, les nations du monde entier y ont envoyé leurs vaisseaux s'écraser pour couler sous les mers silencieuses. Mais il y a quelque chose… d'autre, à Point Némo. Une structure qui n'a pas été construite par des mains humaines. Et cette structure semble se réveiller. L'équipage du sous-marin expérimental Andromeda a été choisi pour enquêter sur ce mystère, mais ils ne sont pas seuls à écumer les fonds marins…


  • Critique :

Le Black Label est connu pour proposer des (ré)visions d'auteurs de l'univers DC classique et de ses personnages. Après Batman, Wonder Woman, Green Lantern ou encore Harleen c'est au tour d'Aquaman d'être soumis à ce traitement, ici sous la plume de Ram V et le trait de Christian Ward. Et c'est peut-être la réinvention la plus radicale tant ce comics pourrait facilement passer pour un indépendant.


L'histoire est surprenante, s'ouvrant sur les mots d'un personnage qu'on ne connait pas et mettant Arthur Curry en retrait dans l'œuvre. Une grande partie de la narration est en effet assurée par un journal de bord d'Yvette, le personnage principal, décrivant son expérience et ses émotions pendant le périple de l'Andromeda : un sous-marin dont l'équipage est chargé d'établir un premier contact avec celui du vaisseau récemment écrasé au Point Némo.

La manière de présenter la mission et l'importance de ce premier contact semble indiquer un monde dépourvu de super-héros et pas du tout habitué à des rencontres du troisième type. D'ailleurs Aquaman n'est jamais nommé comme tel (et sa cité est montrée uniquement en flashbacks), et son antagoniste Black Manta non plus : ils sont "Le Roi des Mers" et "Le Pirate", des titres les éloignant des codes du super-héros et du super-vilain car ils auraient peu de sens pour ce monde.


On comprend alors que ce qui intéresse Ram V c'est l'Humain, et son histoire est un prétexte pour nous plonger au plus profond de l'océan et de l'âme humaine.

L'imagerie omniprésente du trou noir reprise par exemple dans des regards des personnages ou bien encore un coucher de soleil, met en avant la dualité entre la surface et les profondeurs, l'obscurité et la lumière, entre ce que l'on perçoit et ce qui est enfoui en chacun, entre ce que l'on veut et ce qu'on obtient.

Ses personnages sont des archétypes simples et ceux dont le passé est évoqué nous présentent chacun la racine d'un mal-être : le doute, le deuil, le remord ou les regrets. Ram V nous propose comme une allégorie de la dépression, et l'ennemi principal participe à celle-ci : un mal qui revient toujours et s'immisce via nos peurs pour dominer et que tout le monde n'arrivera pas à repousser.

Son Roi des Mers est une légende, un mythe ; c'est une idée combattant le mal enfoui dans les ténèbres, le phare de l'enfance d'Arthur comme la lumière d'un espoir rappelant qu'il est possible de sortir la tête de l'eau. Et quand c'est fait et qu'on se retourne il n'est plus là, ne reste que l'eau gardienne de la mémoire.

Malgré ces thématiques, le tout est assez froid et les différents éléments ne s'emboîtent pas toujours de manière très claire. On se demande parfois où l'auteur veut aller avec certains personnages ou certains développements, et en particulier – un comble – en ce qui concerne les personnages d'Aquaman et de Black Manta qui semblent ne pas totalement être à leur place ici, comme s'ils vivaient leur propre aventure en parallèle et non pas complémentaire à celle des passagers de l'Andromeda.

Et même l'utilisation du Point Némo comme théâtre de l'action n'est pas vraiment justifié et on peut se demander pourquoi avoir spécifiquement choisi de mettre l'accent sur cet endroit du globe, là où n'importe quelle autre zone océanique non décrite aurait pu convenir. J'en attendais plus de l'utisation d'un lieu de mystères enfouis pour soutenir pleinement la volonté de tendre vers l'horreur psychologique.

Je ressors avec un sentiment mitigé même si tendant vers le positif, ayant vu et apprécié beaucoup d'éléments dans l'histoire tout en en étant ressorti avec la sensation d'un manque de finalité dans ce que ça voulait raconter. Le comics aurait pu être plus abouti en le travaillant complètement comme une œuvre indépendante, comme un vrai prolongement spirituel du film Abyss.



Le dessin de Christian Ward est sublime. Comme à son habitude il peint au numérique, choisissant des palettes de couleur vibrantes pour représenter les abysses, comme ces roses ou oranges fluo venant contrebalancer le bleu/vert morne de l'eau.

Les designs sont aussi un régal (et d'ailleurs la section des bonus du livre revient sur leurs conceptions) avec un Aquaman réinventé au look à la Davy Jones faisant littéralement corps avec la mer, recouvert d'algues et de coquillages, au teint blême et au visage comme usé par la pression et l'obscurité des profondeurs.

Les fonds marins prennent parfois des allures de l'Espace lointain, les tâches de plancton rappelant des myriades d'étoiles, les combinaisons de plongée pourraient aussi bien être des tenues spatiales tout comme le design de l'Andromeda celui d'un vaisseau, et le tout renforce l'aspect de rencontre avec l'Inconnu et nous embarque dans une véritable aventure cosmique tout en restant sur Terre.

Pour compléter le voyage visuel et s'accorder avec la dimension de thriller psychologie du récit, Ward ajoute aussi une belle couche horrifique avec des visions fantomatiques, ou bien encore un impressionnant kraken...même si, comme souligné plus haut, l'histoire aurait pu lui donner plus de matière à ce niveau donc il y a un goût de trop peu.

Mais comme dans Invisible Kingdom, certaines cases montrent toutefois des visages mal détaillés, abstraits, sans forcément qu'une raison ne saute au yeux pour justifier ça comme une volonté stylistique, surtout quand il s'agit de plans serrés et que d'autres profitent de plus de détails.


  • Conclusion :

Aquaman Andromeda est un bon comics malgré un récit qui semble patiner un peu et avoir du mal à se focaliser sur une ligne directrice, comme s'il était plombé par l'utilisation de son personnage titre qui se doit d'être là (pour finalement rester en retrait).

Il faut vraiment l'aborder comme un thriller psychologique teinté d'un peu d'horreur si l'on souhaite profiter pleinement de l'expérience qu'il propose, et ne surtout pas s'attendre à un récit de super-héros DC. En gardant ça en tête et grâce à la proposition graphique de Christian Ward, il y a de fortes chances pour que cette plongée dans les eaux glaciales du Point Némo soit une belle expérience.


Fabien.

 

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