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  • Photo du rédacteurFabien

Demain la Rage

Dernière mise à jour : 18 mars




  • Résumé :

Damien est un monstre. Un homme calme au passé violent et une créature de cauchemar en puissance. Depuis sa mort dans un accident de voiture un homme mystérieux lui propose un sursis pour sauver sa famille… mais à quel prix ?


  • Critique :

L'équipe de Bubble en est maintenant à sa troisième bande dessinée éditée, et après Yoann Kavege et Zoe Thorogood c'est encore un nouveau nom qu'ils nous font découvrir en la personne de Nicolas Bazin qui nous présente sa première œuvre : « Demain la Rage ».


Difficile de se lancer à parler d'un récit qui m'a moi-même divisé dans mon opinion, pour un avis contrasté comme ses superbes noirs et blancs. Mais j'avais besoin de le faire, comme mon propre démon à exorciser après ma lecture, car j'ai besoin de faire sens du rationnel d'une œuvre pour pleinement me laisser porter par son aspect émotionnel (et rien qu'au titre on se doutera que cet aspect est crucial ici) ; et il m'a fallu quelques jours pour reconstruire, à ma manière et comme j'ai pu, le puzzle proposé par son auteur.

C'est l'avantage des formes comme celles triangulaires que l'on peut retrouver à plusieurs occasions dans ce livre : on peut les assembler un peu comme on le souhaite pour donner à l'ensemble la forme qui nous convient et je suis persuadé qu'une autre personne aura une lecture bien différente de la mienne, parce que « Demain la Rage » fait partie de ces œuvres où ce que le lecteur y voit se fait presque aussi important que ce que l'auteur y a mis.

Mais pour ma part qu'importe les arrangements, il me reste toujours une pièce dans la main.


L'histoire nous présente Damien, un personnage marqué par une profonde dualité psychologique, tiraillé entre son envie d'être un homme meilleur et une force qui s'empare de lui en en faisant un homme malfaisant et dangereux pour son entourage.

La trame n'est pas présentée de manière linéaire rendant ainsi difficile de l'évoquer sans spoiler, mais ce qu'il faut savoir c'est qu'il s'agit d' une histoire dure, brute et brutale, délivrant au départ des scènes paraissant anodines – comme une dame âgée lancée dans une tirade interminable que notre "héros" n'a pas demandé – mais qui prennent plus de sens à mesure que l'on avance dans la lecture et que l'on découvre qui est vraiment Damien, à travers une séquence en particulier qui a tout pour glacer le sang du lecteur de par la barbarie qui s'en dégage.

Damien repousse sa rage à plus tard, a la volonté de changer, certes, mais est-ce vraiment possible…et le mérite-t-il seulement ?

C'est donc une œuvre avec un propos fort, mais qui laisse une grande marge d'interprétation. En effet, comme je le soulignais la trame n'est pas déroulée chronologiquement et on est donc un peu perdu au début (et je conseillerais à ce sujet de ne pas lire la quatrième de couverture avant), puis les pièces se mettent en place et on comprend petit à petit ce qu'il en est pour être totalement happé par cette plongée dans l'esprit malade de Damien, sauf que…

…Sauf qu'arrive un nouvel aspect de l'œuvre quand on entre de plain-pied dans sa partie Science-Fiction qui nous paume à nouveau. Un nouvel environnement assez froid, du genre où tout est aseptisé, rectiligne, et où c'est une voix un brin trop claire et désincarnée provenant d'un speaker qui vous guide et vous dit de vous détendre. Au niveau ambiance ça fonctionne très bien mais j'avoue ne pas avoir tout à fait compris ce que ce basculement cherchait à nous raconter au fond, ou à ajouter à son univers. J'ai aussi toujours du mal à savoir quoi faire de ces bouts de lore posés ça et là, comme si on nous en avait trop donné par rapport à ce dont l'histoire avait besoin ou au contraire pas assez.

Et puis il y a la fin de cette partie ainsi que l'épilogue qui brouillent encore les pistes.

J'ai différentes théories sur ce qu'il s'est passé, ce que Damien a pu faire, pu subir ou bien s'est fait subir à lui-même, mais pour chacune d'entre elles l'un des éléments présenté dans une des parties de l'œuvre vient en contradiction si bien qu'au final je n'ai pas pu avoir de vision vraiment claire mais plutôt plein de petites pistes de réflexions accompagnées d'autant de questions.

Au global, c'est donc bien une expérience à part qui demandera une réelle implication à la lecture et même après, et si elle ne touchera pas tout le monde de la même manière c'est bien cette capacité à m'avoir habité pendant des jours qui me fait dire que c'est une œuvre marquante, qui devrait laisser peu de personnes indifférentes.


Et ce qui marquera aussi ce sont les dessins de Nicolas Bazin.

Aucune page n'est totalement classique, il y a constamment de nouvelles idées dans les compositions des planches qui renouvellent l'expérience visuelle tout en gardant une fluidité exemplaire, même quand les corps ou l'espace se déforment sur plusieurs pages, se liquéfient ou se fractalisent, passent successivement d'humain à monstre pour revenir à l'état d'humain.

Il y a vraiment des expérimentations partout, même sur le simple son d'une aiguille d'horloge quand vient l'heure de sonner la fin de l'école.

Les visages quant à eux sont assez déroutant au premier abord, mais leurs traits étranges leur donne un aspect dérangeant, malaisant, qui colle très bien au propos.

Et puis bien sur il y a ce monstre qui habite le personnage principal, sorte d'Oozaru né de la transformation de Damien un soir d'éclipse en Midland, totalement impressionnante dans son design.

Il y a aussi ces formes géométriques qui parsèment l'œuvre et dont je retiendrais et je citerais en particulier les fameux triangles (ou pyramides) déjà évoqués plus haut. On peut y voir beaucoup de choses dans ces petites formes, agissant comme un symbole de la détermination de Damien (quand il se rend à la banque), sont autant de polygones de la petite vie virtuelle qu'il s'est créée, représentent les trois piliers que sont les membres de sa famille destinées à finir brisée, font penser au sigle des Illuminati que pourraient être ces gens agissant dans l'ombre du futur pour guider la vie du personnage, ou enfin sont les morceaux d'un miroir qui vole en éclats contenant chacun une parcelle de son identité et plus largement de notre société faite de beaucoup de gens comme Damien, et prête à exploser à tout moment d'une colère sans cesse contenue.

Je n'en ajouterai pas plus, rien que pour sa proposition graphique « Demain la Rage » vaut d'être découvert.


  • Conclusion :

Embarqué par la proposition de Nicolas Bazin, je n'ai pourtant pas réussi à aller au bout du chemin mental me conduisant à pleinement apprécier un point de vue global sur l'œuvre.

Et pourtant j'y ai pensé et repensé pendant des semaines, comme bloqué dans l'esprit tourmenté de Damien, j'y ai vu des choses qui m'ont plu ou au contraire écœuré, j'ai adoré sa proposition graphique, et je ne peux qu'inviter d'autres lecteurs curieux à plonger dans cette expérience qui reste fascinante.


Fabien.

 

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