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  • Photo du rédacteurJim

MISTER MIRACLE

Dernière mise à jour : 18 mars




  • Résumé :

Élevé sur Apokolips, planète-usine sous le règne de l'implacable Darkseid, Scott Free réussit l'impensable : échapper à ses geôliers pour rejoindre la Terre où il rencontra son mentor, un artiste de l'évasion officiant sous l'alias de Mr Miracle dont il reprendra l'identité. Depuis, aucun barreau, aucune entrave, aucune prison, ne put retenir prisonnier Mr Miracle, symbole d'une liberté retrouvée. Mais que se passe-t-il lorsque l'artiste de l'évasion ultime se trouve aux prises avec une nouvelle forme de captivité : la dépression ? Passé le traumatisme d'une tentative de suicide ratée, Scott va chercher à se redéfinir à travers ses rapports et son historique de super-héros au statut divin. Une seule certitude balisera sa quête d'identité, comme le rappel d'une liberté finalement toute relative : Darkseid est.


  • Critique :

N’étant pas vraiment familier des travaux de Jack Kirby sur le quatrième monde et ne connaissant le personnage de Mister Miracle qu’à travers quelques apparitions dans les cross-over et event de DC, je ne saurais vraiment dire ce qui m’a mené vers l’achat de ce comics lors de sa sortie en 2019. A posteriori, je suppose que la seule chose qui a dû attirer mon attention était l’équipe créative : Tom King et Mitch Gerads.


Tom King est un auteur que je connaissais un peu pour des travaux relativement conventionnels dans l’univers DC, il faut dire qu’à l’époque je n’avais lu que pour Grayson et Batman Rebirth, mais j’avais eu d’excellents échos concernant ses Sheriff of Babylon chez Vertigo, The Omega Men chez DC et The Vision chez Marvel, trois titres que je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire.


Mitch Gerads est un artiste que je ne connaissais pas du tout mais en feuilletant ce comics je suis littéralement tombé sous le charme de son style assez marqué par son trait, sa mise en page et sa couleur, que je détaillerais un peu plus loin. Travaillant beaucoup, voire même exclusivement avec Tom King, il me semble être le mieux placé pour donner vie aux idées de l’auteur.


Ce titre est sorti il y a quelques années mais je me devais d’en parler suite à une relecture récente car c'est d'une part un véritable coup de cœur et d'autre part un comics qui a une grande importance car il a ouvert la voie à d'autres comics super-héroïque qui peuvent tout à fait être appréciés par les lecteurs d'indé puisqu'il évite tous les poncifs liés aux Big Two.


Comme je vous le disais, je ne suis pas familier avec le quatrième monde (que je n’ai jamais lu) mais heureusement l’auteur a eu l’intelligence de commencer avec un petit cours de rattrapage en préambule de la première issue. Ce résumé très bien exécuté, les événements sont synthétisés et le tout est très facilement compréhensible pour les non-initiés comme moi.


Juste après cette petite initiation aux concepts développés par Kirby, le comics peut enfin commencer ! Le premier acte démarre alors et s’ouvre sur Scott Free, en tenue de Mister Miracle effectuant une tentative de suicide qui échoue… Oui, vous l’aurez compris on n’est pas vraiment sur le comics de la joie, de l’optimisme et de l’héroïsme. Mister Miracle aborde des thèmes relativement profonds et introspectifs tels que la dépression profonde, la perception troublée de la réalité, l'aliénation, le fardeau de l'héroïsme, la résilience face à l'adversité, les enjeux familiaux et l'influence du pouvoir. Dit comme ça je me rends bien compte que ça peut paraître compliqué et que ça peut faire peur mais le tout est abordé avec une extrême fluidité car Tom King explore ces différents thèmes de manière naturelle à travers la caractérisation de ses personnages.


Scott Free est un personnage torturé dont la quête de liberté physique et mentale est au cœur de l'histoire. Il est présenté comme un maître de l'évasion de renom, capable de se libérer de n'importe quelle situation. Cependant, au fur et à mesure de l'histoire, nous réalisons que Scott est également confronté à des luttes intérieures profondes. Il remet en question sa propre réalité, son passé et son identité, se demandant s'il est vraiment un maître de l'évasion ou s'il est emprisonné dans une réalité simulée. Sa tentative de suicide reflète symboliquement une quête d'évasion de sa propre vie mais c’est au final à la mort qu’il échappera, remettant en question la nature même de son existence.


Big Barda, son épouse, joue un rôle essentiel dans son développement. Elle est une guerrière forte et déterminée élevée à la dure sur Apokolips, mais elle fait preuve d’une vulnérabilité émotionnelle lorsqu'elle est confrontée aux défis de la vie aux côtés de Scott. Leur relation complexe et parfois tumultueuse est au cœur de la bande dessinée. Leur amour inconditionnel et leur soutien réciproque sont illustrés dans des moments poignants où ils se protègent l'un l'autre malgré les épreuves. C’est sincèrement l’un des couples, si ce n’est le couple, le plus touchant des comics.


Outre Scott et Barda, Mister Miracle présente un ensemble de personnages secondaires qui contribuent à l'exploration des différents thèmes de cette maxi-série. Je ne vais bien entendu pas tous les évoquer mais je peux citer pour l’exemple Mamie Bonheur, qui apparaît très brièvement mais dont la présence est surtout visible à travers les conséquences de ses actes, incarne les traumas du passé, la manipulation et le contrôle, servant, avec Darkseid, d'antagoniste central de l'histoire.


Tout au long du récit, l'auteur utilise des ruptures de rythme, un motif récurrent ”Darkseid est” et des dialogues ambigus pour semer le doute dans l'esprit du protagoniste, l'obligeant à remettre en question la véritable nature des événements qui se déroulent. Darkseid incarne la menace ultime et représente l'oppression et la manipulation. Son influence sur Scott Free crée une tension constante et soulève des questions sur la nature de la liberté et de l'autonomie individuelle. Les confrontations entre Mister Miracle et Darkseid sont empreintes d'une atmosphère pesante et déroutante, tout en étant vraiment à des années lumière des confrontations que peuvent avoir les super-héros classique avec l’antagoniste, renforçant l'exploration des enjeux de ce comics.


Cette différence de traitement par rapport aux autres super-héros est en fait très bien amenée, pendant tout le comics on peut voir que notre couple de protagonistes sont des super-héros par profession, c’est-à-dire que cette fonction n’est en fait pour eux rien de plus qu’une routine proche du métro-boulot-dodo à laquelle tous les lecteurs pourront s’identifier. Ils agissent plus par devoir que par réelle volonté, rendant les situations exceptionnelles pour le lecteur parfaitement banales pour les personnages. Ce qui donne par exemple des situations cocasses de discussions tout à fait banales tout en faisant front lors de batailles cosmiques.


Tout au long de l'histoire, Scott lutte contre ses démons intérieurs, cherchant à échapper à ses traumatismes. Ses tentatives d'évasion, mises en scène par son talent, symbolisent sa lutte métaphorique contre la dépression, soulignant le sentiment d'enfermement émotionnel que peuvent ressentir de nombreuses personnes atteintes de ce trouble, malgré les apparences extérieures.


Scott est un personnage multidimensionnel exprimant une gamme d'émotions allant de la tristesse profonde au désespoir et à la confusion. Les boucles temporelles auxquelles il est confronté reflètent les cycles dépressifs, piégeant Scott dans des schémas répétitifs d'émotions négatives et de pensées envahissantes. La présence de Darkseid, représentant une force maléfique et oppressante, joue un rôle symbolique puissant dans la dépression de Scott. Darkseid incarne la voix intérieure négative et auto-destructrice que Scott doit affronter, renforçant le sentiment de vide et de désespoir que peut ressentir une personne confrontée à la dépression.


Côté graphismes, ce comics est également très intéressant Mitch Gerads, a un style artistique assez distinctif qui s'harmonise parfaitement avec l'histoire complexe de Mister Miracle. Il arrive à nous livrer un ouvrage teinté de réalisme tout en utilisant un trait net et précis pour détailler les personnages et les décors, ce qui est sans doute permis par des effets de texture subtils.


De plus, l’artiste utilise une structure traditionnelle en gaufrier de 9 cases pour créer des compositions visuelles uniques et des transitions fluides entre les scènes. Cette mise en page offre un certain aspect cinématographique, faisant penser à des pellicules de films. Notons d’ailleurs la présence d’un chapitre réalisé entièrement en plan séquence qui donne un rendu très cinématographique et permet également de banaliser l’action ce qui permet encore une fois au lecteur de s’identifier aux personnages puisqu’elle ne représente qu’une “routine” pour les personnages.


Les variations de saturation de couleurs et de luminosité en fonction de la scène qui se déroule sont très importantes pour transmettre les émotions. Les nuances sombres et plutôt ternes sont utilisées pour évoquer des émotions intenses et renforcer les thèmes de l'histoire. Dans les scènes où Scott remet en question la réalité, Gerads utilise une palette de couleurs désaturées et froides pour créer une atmosphère de doute et de confusion. À contrario, les moments de clarté, d’action et de révélation sont accompagnés de couleurs beaucoup plus vives et claires.


Le style de Gerads permet de facilement distinguer les émotions des personnages. Les expressions subtiles et les regards intenses ajoutent une profondeur émotionnelle à l'histoire. Chaque émotion est rendue palpable à travers les regards perçants et les expressions nuancées des personnages. Les visages sont souvent cadrés en gros plans, permettant aux lecteurs de se connecter émotionnellement avec les protagonistes.


  • Conclusion :

Je n’avais pas relu ce comics depuis sa sortie et il faut dire que même si j’avais adoré ma première lecture, j’ai encore plus apprécié la seconde. Mister Miracle est un chef d’œuvre moderne, qui, plusieurs années après sa sortie est toujours aussi impactant, celui-ci a permis d’ouvrir la voie à la création d’autres maxi-séries du même genre : Strange Adventures, Supergirl, Rorschach et Human Target (sortie prévue le 13 octobre 2023)


Comme évoqué en début de critique, Mister Miracle traite d’une multitude de sujets difficiles mais il est évident qu’il les aborde surtout pour mettre en évidence la reconstruction du héros / fils / mari / père, plus simplement de l’humain derrière le pseudonyme “Mister Miracle” en mettant principalement en avant des valeurs familiales et terminant sur une touche optimiste.


Avec ce comics une chose est sûre, Tom King et Mitch Gerads nous livrent un récit extrêmement touchant avec lequel ils ont réussi à s’émanciper de l'œuvre Jack Kirby tout en échappant aux schémas classiques et répétitifs caractéristiques des récits publiés par les Big Two.


Jim.

 

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